''Non, y'a pas dit ça...''
Voici les premiers mots qui me sont venus en tête lors de notre 2e victoire aux Olivier 2010. Assis auprès de mes collègues, mon coeur battait beaucoup trop fort et j'avais envie de mourir.
C'est normal je crois, après avoir passé autant d'heures et d'énergie sur un projet (Sûrement pas autant que Pierre-Luc Gosselin, soulignons-le...!) et devant d'autres joueurs plutôt imposants (Les chroniques d'une mère indigne, Jean-Thomas Jobin, les têtes à claques et Whassup BUNGEE euh oups... BENGEE)
Ensuite ça y est, Simon, le chanteur des trois accords, nomme le nom de notre série. La série pour laquelle j'ai fait pression à Comédie Shop. Celle qui n'est pas parfaite, au niveau scénaristique, mais celle que j'avais envie de voir gagner, parce que je tenais à l'essayer et j'avais envie de me prouver à moi-même que c'était possible d'aller plus loin avec les deux caves de Contrat d'gars.
Ensuite bon, on l'sait, nos remerciements, moi qui oublie mon gérant (Bravo) Ma voix qui tremble (J'avais d'la pression, parce que l'an passé, j'ai eu l'air cave en parlant de l'organe reproducteur de ma Sainte Mère) Moi qui n'en revient pas et qui saute sur la scène (Avec un haut front et une grosse face de gars qui se laisse aller et qui devrait, illico, retourner au gym) Les journalistes, Moi qui serre Jo Roberge dans mes bras gengnegnegnegneg blablablablablabla......
''Bon, y'arrive quoi là? '' Me demande-t-on.
Ben... J'sais pas vraiment, on a gagné, 2 fois, c'est beau, mais n'aller pas croire que ça vient avec une carte de crédit illimitée, un panier d'fruits ou un 4x4 de l'année. Nah... Ça vient avec rien et ça coûte 450 piasses pour en avoir une seconde statuette.
Pour moi, ça vient avec la reconnaissance du milieu et une envie monstre de refaire le tout.
De refaire le tout et à la fin, tuer John et Alex.
Pour vrai c'est cool Contrat d'gars, j'suis fier, Jo et Pierre-Luc sont parfaits, nos invités ont été géniaux, notre équipe de tournage aussi mais là, je crois qu'après une 3e saison, on va avoir compris.
De plus, au niveau créatif, j'ai atteint mes objectifs au 2/3 et j'ai envie d'autre chose.
Il est clair que jamais plus je ne vais réécrire de série aussi punchée et rythmée. Ça m'fait peur. J'ai pas envie qu'on compare toujours à Contrat d'gars. CDG est un tour de force, un exploit, réalisé avec une équipe magique et des producteurs aussi disciplinés qu'un bataillon de soldats hyper entraînés genre Kurt Russel dans l'film où il est un soldat hyper entraîné qui pleure à la fin, dans un spaceship.
Anyway... J'suis heureux, c'est un rêve de p'tit gars, que de me regarder à la télé, recevoir le plus grand honneur humoristique possible.
Par contre, je ne vais pas m'asseoir là-dessus et j'vais continuer à bosser, encore plus fort et j'vais garder la tête froide.
Et comme je dis souvent : Anyway, y'a pas de quoi s'énerver avec ça, on sauve pas des vies, on fais des jokes sur internet, souvenons nous-en!
Merci encore, à tout ceux qui me supportent, à Jonathan Roberge et au très talentueux Pierre-Luc Gosselin.